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mercredi, 14 mai 2008
Fausse note ! ça va chauffer ...
Mise en service à la rentrée de septembre, la nouvelle école de musique est déjà en surchauffe. La faute à une absence de ventilation mécanique.
Conséquences : élèves et professeurs se plaignent d’une chaleur parfois insupportable. La semaine dernière, l’établissement a même été évacué. Des cours sont annulés au jour le jour.
« Déjà, on n’aurait pas dû prendre possession des lieux en septembre. C’était l’erreur à ne pas faire. » Accablé par la touffeur ambiante, autant que par la lassitude, le professeur de musique cherche la bonne tonalité. Celle qui permet de dire franchement les choses, sans se fâcher avec les responsables. L’anonymat est de mise. Mais pas les récriminations. Dehors, le soleil tape fort, éclaboussant les façades d’une luminosité fatigante. « Si vous voulez, on peut monter dans les étages », invite l’enseignant. En même temps que la température, nous grimpons.
Pas un souffle d’air dans les salles. Pour cela, il faut ouvrir les fenêtres. Problème : la plupart ne sont que des baies vitrées fixes. Seules quelques modèles sont oscillo-battants. « À Pâques, l’an passé, reprend le musicien, nous avons investi le premier niveau. Il y avait une vague de chaleur, comme aujourd’hui. On a tout de suite alerté les services techniques, qui nous ont répondu qu’il y aurait bientôt un système d’aération... » Un an plus tard, rien n’a changé. Nous voilà dans la classe d’atelier rythmique : il fait une chaleur de bête. Pas la peine d’aller plus loin. Depuis plusieurs jours, des élèves se plaignent de maux de tête. « On a même eu des saignements de nez », appuie une habituée. Devant une telle situation, le directeur de l’école, Xavier Vanhooland, n’a pas hésité à suspendre les cours la semaine dernière. Et il le refera à chaque fois qu’il l’estimera nécessaire, au nom du principe de précaution. Alerté, le maire a demandé un rapport à la direction générale Enfance et Culture. L’absence d’un système de ventilation mécanique est clairement pointée. Jugé non prioritaire, il ne figurait pas dans le cahier des charges, pour des raisons de coût, essentiellement, mais aussi d’acoustique. Ainsi, non seulement le budget initial est resté dans une enveloppe raisonnable (1,6 ME ) mais les travaux ont pu être achevés dans le bon tempo. Il faut maintenant rallonger la note, qui s’annonce salée : 200 000 E au total, pour la ventilation et la pose de brises soleil (identiques à ceux de l’école Boris-Vian) sur les trois niveaux de l’école. Une dépense sans doute incontournable.
Les 4 et 5 mars derniers un diagnostic de la société Véritas a établi les concentrations en polluants dans l’air. Il laisse apparaître, « à forte utilisation des espaces », une concentration de CO2 (oxyde de carbone) deux fois supérieure à la normale lorsque les fenêtres sont ouvertes, et jusqu’à cinq fois quand elles sont closes. Le risque ? Un sentiment de mal-être et d’étouffement. Tout le contraire de la musique.
Source : lavoixdunord
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